Pourquoi les avocats portent-ils une robe ?

Dans les couloirs du Palais de Justice, les avocats se reconnaissent à leur robe noire et à leur rabat blanc. Une tenue qui intrigue : pourquoi conserver ce costume dans une justice où les dossiers et les échanges se dématérialisent ? La robe n’est pas un déguisement ni un simple souvenir du passé. Elle signale une fonction, exprime l’appartenance à une profession et contribue à la solennité de l’audience.

Une tenue professionnelle, pas un choix vestimentaire

Le port de la robe n’est pas laissé à la préférence de chaque avocat. La loi prévoit qu’ils revêtent le costume de leur profession dans l’exercice de leurs fonctions judiciaires. À l’audience, la robe permet ainsi d’identifier leur rôle. Mais elle n’accompagne pas toutes leurs activités : un rendez-vous au cabinet ou la rédaction d’un contrat se déroulent généralement en tenue ordinaire.

Une même robe pour défendre des personnes différentes

La robe atténue les différences visibles entre les avocats : vêtements, marques ou signes extérieurs de richesse passent au second plan. Elle rappelle que chacun intervient en qualité d’avocat, quelle que soit la personne qu’il défend. Le Conseil d’État souligne cette idée d’égalité entre les avocats et, à travers eux, entre les justiciables. Une même tenue, mais des arguments et des causes qui peuvent être très différents !

Une tradition entourée de légendes

La robe appartient à une longue tradition du costume judiciaire. Mais son histoire est aussi entourée de récits qu’il faut distinguer des faits établis. On raconte notamment que ses trente-trois boutons représenteraient l’âge du Christ. Une explication séduisante, mais discutée : le nombre de boutons varie aussi selon la taille de la robe ! Aujourd’hui, le tissu noir, le rabat blanc et les larges manches composent surtout une tenue professionnelle immédiatement reconnaissable.

Observer les robes, comprendre les rôles

À l’audience, plusieurs personnes peuvent porter une robe, sans exercer la même fonction. Qui juge ? Qui représente le ministère public ? Qui défend les parties ? Lors d’une visite du Palais de Justice avec Sylvie Bourlier, professeure de droit, vous découvrez les repères qui permettent de comprendre cet univers. Derrière les costumes et les usages, une justice bien vivante se révèle.

Illustration générée par IA — évocation fictive

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